CRÉATION 2025-2027

spectacle sans paroles. Théâtre du geste

NOTE D’INTENTION par Carolina Garel Carballeira

A morrinha, ou l’éternel entre-deux

Tout part d’un sentiment profond ancré en moi: a morrinha.

Il y a quelques années, ma sœur m’a envoyé ce tableau depuis la Galice, cette terre qui m’a vue grandir. Face à cette image, j’ai senti mon souffle se suspendre. Le personnage représenté, c’était moi : un être profondément ancré dans une terre qu’il a dû quitter, mais qui ne l’a jamais vraiment quitté.

Je viens d’une région marquée par l’exode. Aux XIXe et XXe siècles, des vagues de galicien.ne.s ont émigré vers l’Argentine, le Mexique, le Chili, l’Allemagne, la France… poussé.e.s par la famine, puis par le manque d’opportunités. 2 millions de galicien.nes sont partit avant 1960. Partout, ils et elles ont recréé des fragments de Galice : des Maisons de la Galice, des fêtes, des coutumes, notre cuisine.

Pourtant, malgré ces efforts, persiste un vide, une douleur sourde. A morrinha : ce mal d’absence, cette nostalgie déchirante de ce qui est loin – les proches, les paysages, les odeurs, les saveurs. Mais c’est plus que cela.

C’est aussi le vertige de se sentir à la fois présent.e dans un passé révolu et passé.e dans un présent qui ne nous appartient pas tout à fait.

L’histoire humaine est une suite de déplacements, de ruptures, de recompositions. Depuis les premiers récits, on trouve trace de ces migrations, forcées ou choisies, mais toujours porteuses de la même tension : l’impossibilité de rester, l’impossibilité de s’installer ailleurs. L’exilé.e vit dans un entre-deux permanent et ambigu.

Son présent est hanté par un passé idéalisé, souvent celui de l’enfance ou de la jeunesse, qui devient le socle d’une identité en quête. Le pays d’accueil reste étranger, et la terre natale, quand on la retrouve, ne nous reconnaît plus. Elle a changé sans nous. On est alors doublement déraciné.e : ni tout à fait d’ici, ni tout à fait de là-bas.

Morrinhas est une création qui part d’une émotion très intime pour devenir universelle et collective.

Le pluriel du titre dit cette multiplicité : un même sentiment, des milliers de visages.

Nous travaillons avec une équipe de déracinées, chacune apportant sa sensibilité à cette quête. Ensemble, nous explorons les nostalgies, les tensions et les expressions uniques d’un mal universel — ce mal qui porte plus de cent noms à travers le monde.

Pour construire le spectacle, nous recueillons des témoignages, venus de partout. Nous les transformons en langage corporel, pour donner vie à ces récits de l’exil, du manque et de la résilience.

SYNOPSIS

Garder le lien quoi qu’il en soit.
C’est la phrase que notre protagoniste se répète sans cesse. Un lien qui attache, qui protège, mais aussi qui renferme et qui ne la laisse pas avancer.

Nous allons vivre avec elle, d'abord, sa curiosité, sa projection; ensuite, son départ et sa prise de risque : elle se déplace, déracine son être et le re-place dans un voyage à travers des nouveaux univers, qui la transforment, l’enrichissent et qui l’éloignent de plus en plus de son essence originelle. Un corps-racines, un corps-mémoire… planté nulle part.

Nous vivrons avec elle son déchirement, a morrinha, la culpabilité, la solitude et l’attachement qui revient… parce qu’elle est la mémoire vivante de ses racines, plantées nulle part.
Elle est déracinée… mais il lui faut garder le lien quoi qu’il en soit.

Nous partagerons sa relation aimantée avec son passé, cette polarité qui change sans cesse, parfois attirée, parfois repoussée. Aussi nous verrons les changements de caractère, de matière, d’être profond, grâce aux rencontres et apprentissages : elle aura des nouvelles textures, des nouvelles formes, des nouvelles couleurs… mais que se passera-t-il quand elle rentrera ?

On la reconnaîtra ?

Garder le lien quoi qu’il en soit.

ÉQUIPE :

Sara Mangano – metteuse en scène

Carolina Garel Carballeira – interprète et chanteuse

Pauline Ciocca – scénographe et interprète

Maria Palomeras – scénographe

Xulia Rey Ramos – créatrice lumière

Rachel Lesteven – costumière

Nicolas Mantran – Création sonore

Eva Murith – chargée de production

Audrey Figarol – administration et compta

SOUTIENS

la Région Bretagne, l’institut Français, le Fond de l’Union Européenne (Europe Creative), le Théâtre National de Galice – Centro Dramàtico Galego – , la MJC de Douarnenez, la Communauté d’Agglomération de Concarneau, la Ville de Concarneau, la Communauté de Commune du Haut Pays-Bigouden, la Ville de Douarnenez, le Mac Orlan , La Médiathèque de Tourc’h, la médiathèque de Pont-Aven, La Chapelle Derezo, Le Lieu ( Gambais), le Goethe Institute, l’École Moveo Barcelone, la Ville de Ponteareas et le dispositif Artistea, La Fondation Banque Populaire et Crédit Maritime Grand Ouest et autres fonds de dotation ; La Maison du Théâtre et autres structures avec leurs mises à disposition des espaces …

RÉSIDENCES DE CRÉATION

2026

Janvier – La Chapelle Derezo (29)

Février – MJC de Douarnenez (29)

Avril – Médiathèque de Tourc’h (29)

Septembre – Centro Moveo – Barcelone (Espagne)

Septembre- Octobre- Centro Dramàtico Galego, Residencia Artistea ( Ponteareas) – Galice (Espagne)

Octobre – Avel Dro avec Haut Pays Bigoudin (29)

Novembre – EAC à Pont Aven avec Concarneau Agglomération (29)

Décembre – Maison du Théâtre (29)

2027

Mars – MJC de Douarnenez (29)

1ere : 12-13 mars MJC de Douarnenez (29)

Mars – Avril – EAC à Pont Aven – expo des œuvres à la Médiathèque de Pont Aven (29)

Avril – Date EAC et tout public à la Médiathèque de Pont Aven (29)

Octobre – Festival Contre-temps à Brest (29)